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Avec son document de however et de passes décisives, Dimitri Payet entre t-il dans la légende de l’OM ?

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Cent buts, cent-une passes décisives et un débat de plus sur son statut de légende à l’Olympique de Marseille. En transformant son penalty face à Ajaccio samedi dernier (1-2), Dimitri Payet est devenu le premier joueur de Ligue 1 à totaliser 100 buts et 100 passes décisives dans sa carrière, preuve du chemin accompli par le numéro 10 de l’OM. Mais ce document a surtout réveillé l’éternel débat des légendes du membership olympien.

Dimitri Payet, une légende de l’OM ?

La réponse à cette query ne fait guère de doute pour Eric Di Meco, l’ancien rugueux défenseur de l’OM, comme il l’a expliqué à un auditeur de RMC : « Remark tu peux dire que Payet, un joueur qui n’a rien gagné sous ton maillot et qui a mis la moitié de ses buts et de ses passes décisives à Nantes, Saint-Etienne et Lille, qu’il est une légende de l’OM ? Tu sais ce que c’est l’histoire de ce membership qui a 130 ans ? Ce sont des mecs qui ont mis 194 buts sous ce maillot [Gunnar Andersson], qui ont mis 44 buts sur une saison [Josip Skoblar], qui ont gagné des Ballons d’or [Jean-Pierre Papin] ».

Alain Pecheral connaît justement très bien l’histoire de l’OM, qu’il a suivi pendant près de 30 ans pour le journal Le Provençal, en étant même à l’origine du terme « papinade » pour désigner les reprises de volée de JPP. Et il se montre plus mesuré, en donnant « tort et raison » à Di Meco. « Je serais pour mettre Payet dans les légendes de l’OM, même si effectivement il a inscrit des buts dans d’autres équipes pour atteindre ce document. Mais c’est tout frais », tempère-t-il.

L’époque influe-t-elle sur le statut de légende ?

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Evidemment l’époque, et le temps, jouent un rôle essential dans ce statut de légende. Celles d’Alain Pecheral (74 ans) ne sont pas les mêmes que celles d’un supporter né dans les années 2000. Et l’absence de Skoblar, qui a inscrit 44 buts, un document, lors de la saison 70/71, dans le onze de légende établi par les supporters pour les 120 ans de l’OM, en est une preuve. N’en déplaise à Eric Di Meco. « C’est parce qu’ils ne les ont pas vus jouer ! Et il n’y a que très peu de paperwork, d’pictures de l’époque. Avec toute l’amitié que j’ai pour Mamadou Niang (3e dans les attaquants du 11 de légende), Skoblar était vraiment un phénomène », estime Alain Pecheral.

A contrario, le temps qui passe peut faire rentrer certains joueurs dans cette catégorie, comme pour Joseph Alcazar, premier buteur pour l’OM dans le championnat de France professionnel en 1932. « Plus le temps passe et plus les faits et les gens deviennent légendaires. Sur Alcazar, il y a par exemple quelques fables selon lesquelles il faisait reculer le gardien jusqu’à l’Huveaune à pressure de tirer trop fort », en rigole l’ancien journaliste.

Drogba plus dans la légende que Niang ?

C’est en tout cas ce que dit le classement des attaquants du 11 de légende de l’OM, puisque l’Ivoirien se classe 2e avec 18 % des votes, contre 16 % pour Mamadou Niang. « Oui Didier Drogba est dans légende parce qu’il a marqué des buts spectaculaires, et a mené l’OM jusqu’en finale de Coupe d’Europe. Alors qu’il n’a marqué que 19 buts en championnat, et n’a joué qu’une saison sous le maillot olympien. A la différence de Mamadou Niang, qui est aussi une légende. Un statut qu’il s’est construit en inscrivant plus de 100 buts sous le maillot de l’OM, ce qui n’est pas rien », avance Alain Pecheral.

Le statut de légende est il vraiment définissable ?

La réponse est évidemment non, comme on a pu le voir dans les précédents exemples. « Est ce la durée, le nombre de titres, le brio, c’est quand même assez indéfinissable comme terme », considère l’ancien journaliste. Et pour illustrer ces propos il prend deux exemples opposés : « Roger Scotti, qui était recordman du nombre de matchs avec plus de 400 apparitions pour l’OM, avant d’être battu par Mandanda, est une légende. Drogba ne reste qu’une saison, mais une saison fulgurante avec une finale européenne, et c’est aussi une légende. »

Il cite également Basile Boli, entré dans la légende pour son coup de tête victorieux en finale de la ligue des Champions 1993.  « Pour ce qui est de l’année 93, on retient Boli. Alors que dans l’équipe, il n’est pas du tout au-dessus des autres. Mais il marque, et ce however suffit à le faire entrer dans la légende », rappelle Alain Pecheral. Mais au-delà de tous ces débats sur les légendes de l’OM, Dimitri Payet peut tout de même se vanter d’avoir inventé un nouveau statut : celui de « Marseillais à vie ».

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